Dr. Holi Rajery - Linkedin
La vie en EHPAD après 85 ans s’organise autour d’une journée structurée par les repas, les soins médicaux et les activités collectives. Le quotidien alterne moments d’accompagnement par le personnel soignant, temps personnels dans la chambre, et occasions de maintenir le lien avec la famille et les autres résidents. Chaque établissement adapte cette organisation selon le degré d’autonomie des personnes accueillies.
Le quotidien en EHPAD suit un rythme organisé autour de repères horaires réguliers. Le lever a lieu généralement entre 7h et 8h30, selon les habitudes de chacun et le degré d’autonomie. Les personnes qui peuvent se lever seules le font à leur propre rythme, tandis que celles qui ont besoin d’aide sont accompagnées par les aides-soignants sans qui rien n’est possible, pour la toilette et l’habillage. Cette première partie de matinée est un moment clé où le personnel évalue l’état général du résident et adapte l’accompagnement en conséquence.
Les repas structurent fortement la journée. Le petit-déjeuner est servi entre 8h30 et 10h, soit en chambre, soit dans la salle de restauration commune. Le déjeuner a lieu vers midi, le goûter vers 16h, et le dîner entre 18h30 et 19h30. Ces horaires sont relativement fixes dans la plupart des établissements, même si certains laissent une marge de flexibilité. Les repas en salle commune offrent l’occasion de voir d’autres résidents et de rompre l’isolement, mais chacun reste libre de prendre ses repas en chambre s’il le préfère.
Entre les repas, la matinée et l’après-midi sont rythmées par les soins quotidiens et les activités proposées. Les toilettes et les changes sont organisés en fonction du degré d’autonomie de chaque résident. Certains gèrent ces moments seuls, d’autres avec une aide ponctuelle, d’autres encore avec un accompagnement complet. Le personnel soignant veille à préserver la dignité de chacun pendant ces moments intimes, en frappant avant d’entrer dans la chambre et en respectant le rythme de la personne.
L’après-midi laisse place aux animations, aux visites ou au repos. Certains font une sieste, d’autres participent aux ateliers collectifs, d’autres encore reçoivent leur famille. Cette partie de la journée est plus libre et chacun l’organise selon ses envies et ses capacités. Le personnel reste disponible pour répondre aux demandes ou accompagner les déplacements dans l’établissement.
Le coucher se déroule généralement entre 20h et 23h, là encore selon les habitudes personnelles. Les aides-soignants accompagnent ceux qui en ont besoin pour se déshabiller et se mettre au lit. La nuit, du personnel reste présent dans l’établissement et assure plusieurs passages dans les chambres pour vérifier que tout va bien. En cas de besoin, chaque résident dispose d’une sonnette pour appeler. Des changes nocturnes sont organisés pour ceux qui en ont besoin, avec des passages réguliers pour assurer le confort et l’hygiène.
Conseil : Si vous résidez en région PACA, n’hésitez pas à consulter l’annuaire des EHPAD à Aix en provence.
La prise en charge médicale en EHPAD repose sur une organisation précise, encadrée par la loi. Chaque établissement dispose d’un médecin coordonnateur dont la présence est obligatoire. Ce médecin n’est généralement pas le médecin traitant des résidents, mais il supervise l’équipe soignante, élabore le projet de soins de l’établissement et veille à la cohérence des prises en charge. Son rôle est de coordonner les interventions médicales et de s’assurer que les protocoles de soins sont bien appliqués.
L’équipe soignante qui intervient au quotidien comprend des infirmiers, des aides-soignants et d’autres professionnels paramédicaux selon les besoins. Les infirmiers préparent et distribuent les médicaments, réalisent les soins techniques comme les pansements ou les prises de sang, et surveillent l’état de santé général. Les aides-soignants accompagnent dans les gestes de la vie quotidienne : toilette, habillage, repas, déplacements. Cette équipe travaille en lien constant avec le médecin coordonnateur pour adapter les soins à l’évolution de chaque situation.
Chaque résident bénéficie d’un projet de soins personnalisé, élaboré dès l’admission. Ce document définit les objectifs de santé, les soins nécessaires et les modalités d’accompagnement adaptées à la situation de la personne. Il est construit avec le résident lorsque c’est possible, ou avec sa famille et son représentant légal si la personne ne peut plus exprimer ses souhaits, on parle de directives anticipées. Voici 8 choses à retenir pour écrire les dernières volontés sur la décision médicale. Ce projet est réévalué régulièrement pour tenir compte des évolutions de l’état de santé ou de la perte d’autonomie.
Le médecin traitant que la personne avait avant son entrée en EHPAD reste son interlocuteur médical principal. Il continue à prescrire les traitements et à suivre l’évolution de la santé. Le médecin coordonnateur assure la liaison entre ce médecin traitant et l’équipe soignante de l’établissement, pour éviter les ruptures dans le suivi. Si le médecin traitant ne peut pas se déplacer ou si une urgence survient, le médecin coordonnateur peut intervenir directement pour prescrire les soins nécessaires.
Au-delà des soins infirmiers quotidiens, l’accès à d’autres professionnels de santé est organisé selon les besoins. Les kinésithérapeutes interviennent pour maintenir ou rétablir la mobilité, les psychomotriciens travaillent sur l’équilibre et la coordination, les ergothérapeutes adaptent l’environnement pour préserver l’autonomie. Certains établissements ont ces professionnels dans leurs équipes, d’autres font appel à des intervenants extérieurs. La disponibilité de ces services varie d’un EHPAD à l’autre, mais tous doivent pouvoir organiser ces prises en charge lorsque le projet de soins le prévoit.
Les soins ne se limitent pas aux actes techniques. Ils incluent aussi l’observation quotidienne de l’état général, la prévention des chutes, la surveillance de l’alimentation et de l’hydratation, et l’accompagnement psychologique quand c’est nécessaire. Le personnel soignant reste attentif aux changements de comportement ou aux signes de mal-être, et alerte le médecin coordonnateur ou le médecin traitant dès qu’une situation l’exige.
Les relations avec le personnel soignant constituent une part essentielle du quotidien en EHPAD. Ces professionnels sont présents à tous les moments clés de la journée : lever, toilette, repas, soins, coucher. Pour beaucoup de résidents, surtout ceux qui reçoivent peu de visites, les aides-soignants et les infirmiers deviennent des interlocuteurs réguliers, parfois les seuls avec qui échanger quotidiennement.
La qualité de ces relations dépend de plusieurs facteurs. Le temps disponible pour chaque résident joue un rôle déterminant. Le ratio entre le nombre de personnels et le nombre de résidents fait l’objet de débats publics récurrents sur les moyens humains alloués aux EHPAD. C’est un métier en forte tension avec des difficultés de recrutement. Quand les équipes sont en sous-effectif, les gestes sont plus rapides, les échanges plus courts, et le personnel lui-même se trouve en difficulté pour maintenir la qualité d’accompagnement qu’il souhaiterait offrir.
| Professionnel | Rôle au quotidien | Fréquence d’interaction |
| Médecin coordonnateur | Supervise l’équipe soignante et coordonne les interventions médicales | Présence régulière, contact indirect sauf urgence |
| Infirmier/infirmière | Distribue les médicaments, réalise les soins techniques | Plusieurs passages quotidiens |
| Aide-soignant(e) | Accompagne pour la toilette, l’habillage, les repas et les déplacements | Contact quotidien multiple, présence constante |
| Animateur/responsable vie sociale | Organise les activités collectives et les événements | Plusieurs fois par semaine selon le programme |
| Psychologue | Accompagne les résidents et leurs familles, évalue les besoins psychologiques | Sur demande ou selon évaluation |
La stabilité des équipes influence aussi la relation. Quand les mêmes personnes reviennent régulièrement, elles connaissent les habitudes de chacun, repèrent les changements d’humeur ou de santé, et adaptent leur approche. À l’inverse, un turn-over important oblige à répéter les mêmes explications et peut créer une impression de distance. Selon les recommandations en vigueur, le personnel soignant suit des formations obligatoires sur l’accompagnement des personnes âgées, mais la mise en pratique au quotidien reste conditionnée par les moyens disponibles.
Pour un résident de 87 ans ayant connu une perte de mobilité progressive, s’adapter aux changements d’équipe représente un effort constant. Chaque nouvelle aide-soignante a sa propre façon de faire, son propre rythme. Certaines prennent le temps d’expliquer chaque geste, d’autres travaillent en silence pour aller plus vite. Le résident doit à chaque fois reformuler ses préférences : comment il aime être installé dans son fauteuil, à quelle température il supporte l’eau de la toilette, quel côté du lit il préfère pour se lever. Ces ajustements répétés peuvent être épuisants, surtout quand la fatigue ou la maladie réduit la capacité à communiquer clairement.
Malgré ces contraintes, de nombreux résidents développent des liens de confiance avec certains membres du personnel. Ces relations reposent sur le respect mutuel, l’écoute et la reconnaissance de la dignité de chacun. Le personnel soignant reste souvent la première ressource en cas de besoin, de douleur ou d’inquiétude, et sa présence rassurante constitue un pilier de la vie en établissement.
Les établissements proposent un programme d’animations régulier, organisé par un responsable de la vie sociale ou un animateur. Ces activités ont plusieurs objectifs : maintenir les liens sociaux entre résidents, stimuler les capacités cognitives et physiques, et offrir des moments de plaisir qui rompent la routine quotidienne. C’est un lieu de vie pour des dernières années sereines. Le cadre réglementaire encadre cette obligation d’animation, mais chaque établissement définit son propre programme selon ses moyens et son projet d’accompagnement.
Les types d’activités varient fortement d’un EHPAD à l’autre. On retrouve souvent des ateliers manuels comme la peinture, le tricot ou la poterie, des séances de gymnastique douce adaptée aux capacités de chacun, des jeux de société ou de mémoire, des projections de films, et des sorties extérieures quand l’organisation le permet. Certains établissements accueillent des intervenants extérieurs : musiciens, conteurs, troupes de théâtre, ou bénévoles qui viennent lire la presse ou discuter avec les résidents.
La participation reste toujours libre. Personne n’est obligé de participer aux activités collectives. Certains résidents y trouvent un vrai plaisir et attendent ces moments avec impatience, d’autres préfèrent rester dans leur chambre ou se promener seuls dans les espaces communs. Le personnel respecte ces choix, même si l’isolement prolongé peut inquiéter lorsqu’il traduit un repli sur soi ou une dépression.
Le rythme des animations dépend des ressources de l’établissement. Certains proposent plusieurs activités par jour, d’autres une ou deux par semaine. Les événements collectifs comme les anniversaires, les fêtes calendaires ou les spectacles ponctuent l’année et créent des temps forts. Ces moments permettent aussi aux familles de participer et de voir leur proche dans un contexte plus joyeux que la chambre ou la salle à manger.
Pour les résidents dont les capacités cognitives sont altérées, des animations adaptées existent : ateliers sensoriels, musicothérapie, ou simples temps d’échange sans objectif de performance. L’essentiel reste de maintenir une forme de stimulation et de présence humaine, même quand la participation active devient difficile.
Les établissements pour séniors sont variés, il en existe différents types. Voici comment savoir si une maison de retraite est haut de gamme.
Le maintien des relations familiales est un enjeu central de la vie en EHPAD. La loi garantit le droit de recevoir des visites quotidiennement, et les établissements doivent organiser leur fonctionnement pour respecter ce droit. Les familles peuvent venir à tout moment pendant les horaires d’ouverture, et certains établissements autorisent même des visites en dehors de ces plages pour s’adapter aux contraintes professionnelles des proches.
Les visites se déroulent généralement dans la chambre du résident, mais des espaces communs sont aussi prévus pour accueillir les familles : salons, jardins, cafétérias. Ces lieux permettent de recevoir ses proches dans un cadre moins médicalisé et plus chaleureux. Lors des événements collectifs ou des fêtes, les familles sont invitées à participer, ce qui crée des occasions de rencontre entre résidents et visiteurs.
La fréquence des visites varie beaucoup selon la situation géographique et familiale. Certains résidents reçoivent des visites quotidiennes de leurs enfants ou petits-enfants, d’autres une fois par semaine ou par mois seulement. Cette différence peut créer des inégalités dans le moral et le sentiment d’isolement. Les établissements tentent de compenser par des appels téléphoniques réguliers ou des outils de visioconférence, mais ces moyens techniques ne remplacent pas complètement la présence physique. D’ailleurs, depuis janvier 2026, le nouveau droit de visite en EHPAD protège mieux les liens familiaux en permettant les visites sans rendez-vous et à tout moment.
Les résidents participent aussi à la vie collective de l’établissement à travers le Conseil de Vie Sociale, instance obligatoire qui se réunit au moins trois fois par an. Ce conseil rassemble des représentants des résidents, des familles et du personnel. Il donne son avis sur le fonctionnement de l’établissement, les repas, les animations ou les projets d’amélioration. Son rôle est consultatif mais il permet d’exprimer des préoccupations et de proposer des ajustements.
La période de restrictions sanitaires entre 2020 et 2022 a profondément affecté ces liens. Les visites ont été interdites pendant plusieurs mois, puis strictement encadrées avec des créneaux limités et des mesures barrières. Pour de nombreux résidents, cette coupure a accéléré le déclin cognitif ou physique. Certains n’ont jamais retrouvé le même rythme de visites après la levée des restrictions, leurs proches ayant pris d’autres habitudes ou ayant eux-mêmes vieilli.
Pour un résident de 82 ans dont la famille vit à plusieurs centaines de kilomètres, l’éloignement géographique rend les visites rares. Les appels téléphoniques hebdomadaires et les quelques visites annuelles lors des vacances scolaires constituent alors les seuls moments de contact direct. L’établissement peut proposer des appels vidéo pour maintenir un lien visuel, mais cela suppose que le résident soit à l’aise avec la technologie et que sa vue ou son audition le permettent. Dans ces situations, les relations avec les autres résidents et le personnel deviennent d’autant plus importantes pour éviter l’isolement complet.
Les relations entre résidents sont variables. Certains développent de véritables amitiés, partagent leurs repas à la même table, participent ensemble aux activités. D’autres restent plus en retrait, par tempérament ou parce que les différences de capacités cognitives rendent la communication difficile. Le personnel encourage les échanges mais ne peut pas forcer les affinités.
Les priorités varient selon les situations personnelles. Pour quelqu’un dont la santé nécessite un suivi médical rapproché, la qualité de l’équipe soignante primera, il est conseillé de choisir une maison de retraite médicalisée. Pour une personne encore autonome et sociable, le programme d’activités et les espaces collectifs seront déterminants. Pour celle dont la famille vit loin, la facilité des communications à distance comptera davantage.